mardi 9 juin 2015

Faire tintin




La société Moulinsart SA vient - enfin!- de subir un fameux revers en justice : après avoir porté plainte, comme à son habitude, contre une petite association de tintinophiles qui avait publié dans une brochure une case d'un album de Tintin (le plaignant voulait obtenir 35000€!!!), la société Moulinsart a reçu un fameux coup sur la tête, puisque l'association a déterré un document remettant en cause la légimité de ladite société, et ce depuis 1942, au profit de l'éditeur Casterman.

Concrètement, la société Moulinsart n'a plus le droit de leur réclamer des indemnités pour les reproductions, en tout cas au Pays-Bas. Et ça peut aller beaucoup plus loin que ça, attendons de voir ce que donnera la suite des événements.


L'arroseur arrosé, en somme. Comme dit l'expression, le bac se retourne toujours sur le pourceau!

Enfin, cette bonne nouvelle est l'occasion de se rappeler que tintin n'est pas qu'un nom propre.

"Faire tintin", signifie "être frustré, être privé de quelque chose".  "Tintin", utilisé tout seul, signifiant "rien du tout".

Cette expression, avec son sens actuel, est née dans les années 30, à une époque où fleurissait ce type de formulation pour désigner le mot "rien" : que dalle, que tchi, nada, que pouic, et tintin, donc.


Mais le mot est bien plus ancien : Au XIIIe siècle, 'tintin' était une onomatopée associée aux objets qui tintent, comme des pièces de monnaie. Au XIVème siècle, "tintin" désigne aussi un jeu où le perdant paye un gage en pièces de monnaie. "Faire tintin" signifie alors "payer en espèces sonnantes".

C'est par un drôle de glissement de sens que "payer en espèce sonnantes" s'est mis à signifier "se priver de quelque chose". L'hypothèse la plus probable, c'est que la notion de frustration viendrait du fait qu'on entend le bruit de la monnaie qui tinte, sans qu'on puisse la toucher.

Je suis en tout cas très content que la société Moulinsart et ce vampire de Nick Rodwell fasse tintin!

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